Professor Bougadari DOUMBIA

 

LA FIN DE LA DIVISION DU MONDE EN DEUX BLOCS
CRISE DU BLOC COMMUNISTE ET RAPPROCHEMENT EST – OUEST

INTRODUCTION
Au début des années 1980, l’URSS affronte une grave crise économique ainsi qu’une crise des valeurs face à une société qui refuse la stagnation de l’époque Brejnev. En 1985, Mikhaïl Gorbatchev lance une tentative de réforme par en haut, la perestroïka. En quelques années, ce qui ne devait être, au départ qu’une simple réforme destinée à rendre plus efficace et plus humain le système communiste se transforme en une révolution qui fait imploser en                 1989 – 1991, l’URSS et l’ensemble du bloc de l’Est.

  1. LA CRISE DU BLOC COMMUNISTE
  2. EVOLUTION POLITIQUE RECENTE DE L’URSS
  3. Les problèmes politiques et économiques :

Derrière l’immobilisme politique qui caractérise l’ère de Brejnev, l’union Soviétique du début des années 1980, connaît des évolutions contradictoires. Le système de croissance extensive, fondé sur le gaspillage des ressources, privilégiant la croissance rapide et visible, mais négligeant les infrastructures et l’environnement, atteint ses limites. Le coût élevé du rayonnement de l’URSS (course aux armements, soutien aux « pays frères », conflit afghan) pèse sur le niveau de vie de la population.
Face à la stagnation du niveau de vie, les Soviétiques réagissent à leur manière. Le travail au noir se développe, l’initiative individuelle renaît dans une économie parallèle, et souvent corrompue, qui remédie aux pénuries du quotidien.  Derrière la façade de l’idéologie officielle se développe une culture parallèle. Jamais le contraste n’a été aussi grand entre l’image officielle donnée par l’URSS et des réalités économiques et sociales qui appellent des changements urgents.

  1. L’avènement de Mikhaïl Gorbatchev :

Devenu Secrétaire Général du PCUS en mai 1985, Mikhaïl Gorbatchev entreprend  une vaste politique de réformes, qui entre dans l’Histoire sous le nom de Perestroïka et de  Glasnost.
a- La Perestroïka (« restructuration ») : son but est de réconcilier le régime communiste et la démocratie de modifier le fonctionnement du système politique en y associant la population, de rendre l’économie plus performante pour améliorer le niveau de vie du pays. C’est une vaste ambition qui allait déboucher non sur la restructuration, mais sur la déstructuration  et la désagrégation du système.
b- La Glasnost (« transparence ») : elle suppose le droit de critique donné à la population, la liberté d’expression, la possibilité de choisir entre plusieurs candidats lors des élections.

  1. LA DISLOCATION DES DEMOCRATIES POPULAIRES

Le 7 décembre 1988, à la tribune de l’ONU, Gorbatchev annonce la réduction des forces armées soviétiques en RDA, Hongrie, et Tchécoslovaquie, ce sui signifie la fin de la « doctrine de souveraineté limitée » : l’URSS se désengage de l’Europe de l’Est. Ce discours inaugure la transition douce des pays de l’Europe de l’Est entre un régime communiste et un régime démocratique multipartite par de nouvelles lois constitutionnelles de 1988 à 1990, sans guère de combats ni de sang versé. En RDA, les habitants commencent à migrer vers la RFA par la Hongrie libre (été 1989). Puis, sous la pression de la population, le Mur de Berlin chute le 9 novembre 1989 et l’Allemagne est réunifiée le 3 octobre 1990. En Roumanie, le régime autocratique de Ceau?escu  est le premier à tomber, le 26 décembre 1989 et le dictateur est assassiné ainsi que sa femme. En 1990, Mikhaïl Gorbatchev obtient le prix Nobel de la paix.

 

  1. L’IMPLOSION DE L’URSS

L’implosion de l’URSS se fait en cinq grandes étapes.

  1. Dès mars 1989, les républiques baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) proclament leur souveraineté. Moscou réagit en envoyant des troupes, mais doit les retirer sous la pression internationale car l’Union Soviétique ne fait plus peur ;
  2. Le 12 juin 1990, la République  Socialiste Soviétique de Russie qui a élu Boris Eltsine à sa présidence, bien que Gorbatchev ait tout fait pour éviter cette élection, puis proclame à son tour sa souveraineté le 8 juin 1991 ;
  3. Le 18 août 1991, l’Armée Rouge, qui comporte beaucoup de communistes, tente un putsch contre Gorbatchev qui est séquestré quelques jours dans sas datcha en Crimée. Boris Eltsine, député de Sverdlovsk réussit à rétablir la situation. Les autres républiques quittent l’Union Soviétique de août à décembre 1991 ;
  4. Le 8 décembre 1991, par les accords de Minsk en Biélorussie, constatant que « l’URSS n’existe plus », 10 ex-républiques socialistes soviétiques fondent la CEI (Communauté des Etats Indépendants), ce qui est confirmé à Alma – Ata (Kazakhstan) le 21 décembre.
  5. Le 25 décembre 1991, Président d’un Etat qui n’existe plus, Mikhaïl Gorbatchev est contraint de démissionner.
  6. LE RAPPROCHEMENT EST – OUEST
  7. LA RECHERCHE DU DESARMEMENT :

L’arrivée de Gorbatchev au pouvoir et la perestroïka constituent  un grand tournant dans les relations Est – Ouest. A partir de 1987, Gorbatchev affiche sa volonté de se rapprocher de l’Occident. Il pense que le soutien de la communauté internationale peut renforcer ses positions internes, que l’apaisement des tensions Est – Ouest lui permettra de consacrer plus de moyens au redressement de économique de son pays.
Les 11 et 12 décembre 1986, Ronald Reagan et Gorbatchev se rencontrent à Reykjavik, ce qui inaugure une nouvelle « Détente » marquée par la reprise du dialogue. Le 8 décembre 1987, à Washington, Reagan et Gorbatchev décident d’éliminer tous les missiles présents en Europe dans un délai de trois ans : c’est « l’option zéro », premier réel traité de désarmement :

  1. l’Europe est vidée des missiles nucléaires des deux Grands ;
  2. C’est la fin de la « crise des euromissiles » ;
  3. C’est la fin de la course aux armements.
  4. LE REGLEMENT DES CONFLITS PERIPHERIQUES

Peu à peu, du fait du désengagement de l’Union Soviétique et de la fin de la menace communiste, un vent de liberté souffle sur le monde et plusieurs conflits périphériques se  règlent. Les troupes vietnamiennes quittent le Cambodge le 29 septembre 1989, les troupes cubaines quittent l’Angola et le Nicaragua etc. Beaucoup de dictatures d’Amérique latine, soutenues par les Etats-Unis comme rempart contre la tentation communiste, tombent : Argentine (1984), Brésil (1985), Chili (1989), Paraguay (1989). En Afrique du Sud, Nelson Mandela est libéré le 12 février 1990, ce qui met fin à l’apartheid en 1991. En Afghanistan, l’Armée Rouge quitte le pays (1988 – 1989) mais la guerre civile se poursuit.
Lors de la guerre Iran/Iraq (1980 – 1988), l’Occident arme officiellement l’Iraq, et en vend à l’Iran en cachette. L’URSS soutient les deux camps. Le 20 août 1988, l’ONU parvient à un cessez-le-feu sana qu’il y ait un réel vainqueur. Cependant, au Liban, les accords Taïf soumettent le pays à la Syrie. Dans le conflit israélo-palestinien, alors que la première Intifada bat son plein, des négociations secrètes sont menées.

CONCLUSION
L’éclatement de l’URSS et du bloc communiste marque la fin de la division du monde en deux blocs et de la Guerre Froide faisant des Etats-Unis la seule superpuissance et le gendarme du monde.

 

 

 

 

 

 


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